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09/10/2026

Révision de la Charte du PNR des Ardennes : une enquête publique qui concerne tous les usagers de la nature

Du 12 octobre au 12 novembre 2026, la Région Grand Est organise l'enquête publique relative au projet de nouvelle charte du Parc naturel régional des Ardennes pour la période 2026-2041. Cette consultation permettra à chacun d'exprimer son avis avant l'adoption définitive du document qui orientera les politiques du Parc pour les quinze prochaines années. [grandest.fr]

Le CODEVER appelle tous les usagers de la nature à s'intéresser à cette enquête.

Randonneurs, vététistes, cavaliers, photographes, pêcheurs, chasseurs, habitants, associations locales, organisateurs d'événements ou simples amoureux des espaces naturels ont tous intérêt à examiner attentivement le projet de charte.

Car derrière les objectifs affichés de protection de l'environnement, certaines orientations pourraient avoir des conséquences durables sur les conditions d'accès, de circulation et de pratique dans les espaces naturels des Ardennes.

tous concernés

Quelques chiffres clés du projet de charte

Le PNR des Ardennes s’agrandit :

  • + 24 communes (92 à 116)
  • 146 300 ha au lieu de 116 000 ha (+26 %), soit un tiers du département.

L’objectif de protection est en nette hausse : passer 5 % du territoire en zones sous protection forte, au lieu de… 0,59 %.

Soit 7315 ha à terme contre 685 ha aujourd’hui. Une surface multipliée par 10,7 !

Soyons réalistes : l’accès à la nature va se compliquer pour tout le monde.

N’oublions pas non plus que 55 % de la surface du Parc est classée en Natura 2000, soit 80 455 ha.

Une charte qui engage le territoire pour quinze ans

La charte d'un Parc naturel régional n'est pas un simple document d'intention. Elle définit les orientations du territoire en matière de biodiversité, d'aménagement, de gestion des espaces naturels, de tourisme, de loisirs et de développement local. Elle sert ensuite de référence aux collectivités adhérentes et influence de nombreuses décisions publiques.

Les choix retenus aujourd'hui pourront donc produire des effets pendant de nombreuses années. C'est pourquoi la participation du public est essentielle.

Vers une nature de plus en plus réglementée ?

L'analyse préliminaire du dossier montre que le projet de charte s'inscrit dans une logique de renforcement des dispositifs de protection et de limitation des usages.

Le document prévoit notamment le développement ou le renforcement de zonages dans lesquels les activités de plein air seront fortement réglementées voire totalement proscrites :

  • des zones à protection forte (5% du territoire au lieu de 0,59 %)
  • des secteurs de libre évolution forestière, sans aucune fréquentation humaine
  • des zones de quiétude pour la faune, à géométrie variable (oui !)
  • de différentes mesures destinées à limiter les perturbations des milieux naturels.

Pris séparément, chacun de ces dispositifs peut se justifier.

Mais leur accumulation soulève une question simple : quelle sera demain la place des activités humaines dans ces espaces ?

Le débat ne concerne pas seulement les véhicules motorisés. Il concerne l'ensemble des usages de nature qui pourraient, à terme, faire l'objet de restrictions supplémentaires.

extrait mesure 2 charte PNR Ardennes
Extrait du projet de charte, page 108

Une vision de la nature qui mérite d'être discutée

L'un des enseignements du dossier est la place grandissante accordée à une approche visant à réduire les interactions entre les activités humaines et certains espaces naturels sensibles.

Cette vision peut répondre à des objectifs légitimes de conservation, mais elle mérite d’être étayée scientifiquement et non par des préjugés (on en parlait récemment ici). Ce n’est pas le cas actuellement. Le Conseil National de Protection de la Nature (CNPN) qualifie même le massif des Ardennes de « no man's land scientifique ».

La nature doit-elle devenir un espace principalement observé à distance ?

Ou peut-elle rester un lieu de découverte, de pratique sportive, de randonnée, d'activités associatives et de loisirs, dans le respect de règles raisonnables ?

Cette question dépasse largement le seul cadre des activités motorisées.

panneau B0 et barrière
Demain, encore plus d'interdits ?

Les sports motorisés particulièrement visés

Evidemment. Au-delà de l'obligation légale, c’est souvent d'abord une sorte d’acte réflexe au sein des PNR.

Ces dernières années, nous avons pu à maintes reprises constater une hostilité croissante, conduisant le PNR des Ardennes à refuser tout simplement d’examiner les tracés des événements sportifs motorisés se déroulant entre le 1er avril et le 31 juillet. Motif : activité incompatible avec la période de nidification. Alors que dans le même temps, le Parc cherche – et parvient à trouver - des solutions pour d’autres évènements, certes non motorisés, mais accueillant jusqu’à 3000 participants en hors-piste dans les sous-bois.

Le projet de charte révisée va plus loin, puisqu’elle prévoit que « le développement de nouveaux événements ou aménagements liés aux loisirs motorisés n'est pas envisagé sur le territoire ».

Elle prévoit en outre que le Parc poursuivra son effort en vue de convaincre les communes d’interdire la circulation motorisée sur les chemins ruraux.

Le Codever considère qu'une telle orientation mérite d'être sérieusement discutée.

D'une part, parce qu'elle repose sur des constats qui ne nous paraissent pas suffisamment démontrés.

D'autre part, parce qu'elle conduit à considérer une catégorie d'usagers comme indésirable par principe, alors même que les pratiques encadrées génèrent des retombées économiques, mobilisent de nombreux bénévoles et participent à la vie rurale.

Le Codever prépare sa contribution

Le Codever analyse actuellement l'ensemble du dossier d'enquête publique.

Notre contribution portera notamment sur :

  • la place des loisirs de nature dans le projet de territoire ;
  • la préservation des libertés d'accès aux espaces naturels ;
  • les conséquences concrètes des nouvelles orientations prévues ;
  • le respect du cadre juridique applicable à la circulation sur les voies ouvertes ;
  • la nécessité de fonder les restrictions proportionnées, sur des éléments objectifs ;
  • l'importance de maintenir une coexistence équilibrée entre les différents usages.

Nous la publierons dans les prochaines semaines.

Pourquoi votre participation est importante

Une enquête publique n'est pas un référendum. Les commissaires enquêteurs ne comptent pas simplement le nombre d'avis favorables ou défavorables. Ils examinent les arguments présentés. C'est pourquoi chaque contribution personnelle et argumentée peut avoir une réelle utilité.

Vous n'avez pas besoin d'être spécialiste du droit ou de l'environnement pour participer. C’est votre expérience du terrain qui est précieuse.

Comment rédiger une contribution utile ?

Nous vous invitons à :

  • expliquer votre lien avec le territoire ;
  • décrire votre pratique ou votre expérience des espaces naturels ;
  • exposer les bénéfices que vous observez pour le territoire ;
  • signaler les difficultés déjà rencontrées ou les risques que vous identifiez ;
  • dire quelles mesures vous appréciez ou refusez
  • proposer des solutions ou des pistes d'amélioration ;
  • rester courtois et factuel.

Nous vous déconseillons en revanche :

  • les copier-coller identiques ;
  • les messages trop courts ;
  • les attaques personnelles ;
  • les accusations sans preuve ;
  • les propos excessifs ou polémiques.

Ne laissez pas les autres décider à votre place

Les enquêtes publiques attirent souvent peu de participants. Pourtant, elles constituent l'un des rares moments où chaque citoyen peut s'exprimer officiellement sur un projet qui façonnera l'avenir de son territoire.

Que vous soyez randonneur, vététiste, cavalier, pratiquant motorisé, pêcheur, chasseur, photographe de nature ou simple habitant ou touriste attaché aux Ardennes, prenez le temps de consulter le dossier et de faire connaître votre point de vue.

Le Codever déposera sa propre contribution, mais tant le nombre que la diversité des avis exprimés par les usagers seront déterminants.

Parce qu'une nature vivante n'est pas seulement une nature protégée : c'est aussi une nature accessible, partagée et vécue.

Découvrez le dossier. Déposez une contribution à partir du lundi 12 octobre.

 


Pour aller plus loin avec le Codever

Association reconnue d'intérêt général au titre de la protection de l'environnement.

Vos dons ouvrent droit à réduction d'impôts. Infos dans cet article.

   

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